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22/9/2003
Le livre de Stéphane Steeman: "Hergé autrement" est paru.
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A cette occasion, le quotidien belge La Dernière Heure a publié une page dans son édition de ce 20-21 septembre: "Steeman et Tintin, les sources d'une passion". Nous reprenons ci-dessous les deux articles parus (merci à la DH).
Stéphane Steeman auteur! Président de l'Association des amis de Hergé, il signe, chez Luc Pire, un livre où il raconte essentiellement sa passion, Hergé autrement, dans lequel il évoque ses souvenirs: «Mes rencontres avec Hergé, nos interviews... et puis ce sera l'occasion aussi de parler de l'homme, sans rechercher des scandales, qu'ils soient sexuels ou autres. Car si je ne devais retenir qu'un seul trait de caractère, chez Hergé, ce serait cette gentillesse inimaginable. On ne l'imagine pas, mais il était d'une timidité extraordinaire. Pas avec son personnel! Car là, en grand perfectionniste, très exigeant avec lui-même, il savait aussi être très exigeant avec les autres...»
Pas facile d'écrire un livre de souvenirs quand... on n'a pas de mémoire: «Je suis incapable de me rappeler dans quelles circonstances je suis entré dans l'univers de Tintin. Mais j'étais tout petit et ce devait être avant la guerre, puisque mes premiers albums étaient encore en noir et blanc. Puis les albums de Tintin sont sortis en couleurs. J'étais fasciné et, comme un imbécile, je me suis précipité pour échanger mes albums: j'étais tellement heureux en donnant deux albums noir et blanc contre un album couleurs. Aujourd'hui, je me le reproche encore. Mais ça prouve bien que je ne suis pas né collectionneur...»
Evidemment, le petit Stéphane était abonné au magazine Tintin: «J'étais un peu maso car, dès qu'une nouvelle aventure de Tintin commençait, je lisais le magazine en sautant les pages où se trouvait Tintin. Moi, je voulais découvrir l'histoire dans l'album complet et le moment où j'achetais un nouvel album était, pour moi, un moment sacré! »
Sa première rencontre avec Hergé date de 1953. Stéphane Steeman avait alors 19 ans: «Mon père me répétait toujours qu'il n'y avait pas que Tintin dans la vie. Inlassablement, je lui répondais: «Non, il y a aussi Milou!» Et c'est mon père qui m'a dit un jour: «Mais si tu veux rencontrer Hergé, va le voir!» Mon père et lui se connaissaient et, par la suite, un professeur d'université, Michel Graulich, a attiré mon attention sur le fait qu'il existait des points communs entre les livres de mon père et les albums de Tintin. Notamment des dialogues dans Les sept boules de cristal. J'ai donc téléphoné à Hergé qui m'a fixé un rendez-vous et, quelques jours plus tard, je sonnais à sa porte, à Boitsfort. Par la suite, il m'a avoué qu'il avait été très surpris. Il s'attendait à recevoir un enfant et j'arrivais en militaire impressionné. Ce jour-là, il m'a confirmé qu'il lisait les romans de mon père et il aurait aimé que mon père lui écrive un scénario. A condition qu'il n'y ait pas de mort! Je l'ai dit à mon père qui, blasé, m'a répondu: «Qu'il me téléphone alors!» Ça ne s'est évidemment pas fait. De toute façon, mon père n'aurait pas aimé que son nom ne soit pas mentionné sur l'album. Et ce n'était pas l'habitude de Hergé de citer ses collaborateurs. Ni les dessinateurs de son studio, ni ceux qui lui ont amené des idées de gags. Notamment avec le yeti, dans Tintin au Tibet. Au reste, Hergé le reconnaissait lui-même. Il disait: «Qu'une idée vienne de moi ou d'un autre, quand elle est dans l'album, elle est devenue mienne.»
Stéphane Steeman a aussi beaucoup de mal à citer son album préféré: «Et pourtant, moi-même, j'ai posé cette question à Hergé. Il m'avait répondu Tintin au Tibet qu'on peut, effectivement, considérer comme l'album le plus beau et le plus profond. En plus, quand on connaît la vie de Hergé, on sait à quel point cet album a représenté une époque de son existence. Pour ce qui me concerne, je me souviens avoir été vraiment fasciné par L'oreille cassée. Peut-être parce qu'il y avait des militaires dans l'histoire et que les enfants aiment les militaires. Je citerais aussi Les cigares du Pharaon, Le crabe aux pinces d'or ou cet album qui, pour moi, était du Spielberg, L'étoile mystérieuse.»
Les pièces mythiques: en 1991, 250.000 personnes sont allées à Welkenraedt pour y visiter une exposition, Tout Hergé, montée presque exclusivement autour de la collection de Stéphane Steeman. Une collection dont il a cédé, aujourd'hui, la plus grosse partie à la Fondation: «Pour être certain qu'elle reste en Belgique et qu'elle ne soit pas éparpillée.» Stéphane Steeman a quand même conservé ce qu'il appelle ses pièces mythiques.
Il avait reçu, d'une journaliste, l'album On a marché sur la Lune dédicacé par les trois astronautes du premier vol lunaire, Armstrong, Aldrin et Collins. Album qu'il s'est empressé de faire signer aussi par Hergé. Par ailleurs, la princesse Lilian lui offrit un Tintin chez les Soviets, d'une édition tirée à 500 exemplaires en 1969, que Hergé avait décicadée à S.M. le roi Léopold et à S.A.R. la princesse Lilian.
Ce sont deux de ses trois grandes fiertés: la troisième est un stylo, le stylo personnel de Hergé. Qui fut offert à Stéphane Steeman par l'homme qui géra, un temps, l'héritage artistique du père de Tintin.
«J'ai conservé tout ce qui m'était précieux. Notamment des dessins de Hergé, des dédicaces... A l'époque, on me traitait de fou lorsque j'achetais un dessin pour 80.000 francs. Mais je répétais qu'un jour Hergé serait le Van Gogh de la bande dessinée. Je ne me suis pas trompé.»
Stéphane Steeman songe déjà à un prochain livre: «Consacré à cinquante personnages extraordinaires que j'ai rencontrés.» Avec, à l'appui, des photos, des documents, des dédicaces... «Tout est parti du jour où mon père m'a offert un album d'autographes. Il revenait de Paris où il avait assisté au tournage d'un film et il avait déjà fait remplir les trois premières pages de l'album. Ce cadeau a déclenché quelque chose en moi. Si j'allais voir Picasso, j'avais un but: ramener une dédicace. J'ai rencontré Picasso, Chagall, Prévert, l'astronaute Shepard qui fut un des douze hommes à marcher sur la Lune, et même Minstinguet...»
Par ailleurs, Stéphane Steeman continue son métier d'humoriste: «Une tournée de cabarets et une formule où c'est, finalement, le public qui fait le spectacle...»
Eddy Przybylski - © La Dernière Heure 2003 - Samedi 20 et dimanche 21 septembre 2003.
Stéphane Steeman - "Hergé autrement" - Editions Luc Pire.
Commentaire de Dim : Je suis occupé à le lire... Mille sabords, c'est écrit d'une drôle de façon... enfin, je persiste et vous en dit plus quand j'ai terminé. Dim.
(Objectif Tintin remercie Snowy, le professeur Tournesol, le docteur Rotule, la Castafiore, Hergé & Tintim pour cet article :-)
Commentaire de jdahmer@microso:
Bravo mon cher, bonne lecture et sans rancune pour t'avoir bousculé dans ta tintinophilie.


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